27-05-2015 | Ref : 126 | 5785 |

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La Légion et l'Algérie vues du Musée

Le cinquantième anniversaire de l’indépendance algérienne est l’occasion de porter un regard particulier sur les collections du musée, témoins d’une histoire partagée entre la Légion et l’Algérie.

Cette dernière est omniprésente au musée et pour cause : 130 années de présence de la Légion sur ces terres !

Le nom du quartier Viénot, le monument aux morts de la Légion rappelant le Centenaire de sa création en 1931, reposant sur un socle recouvert d’onyx, extraite pour l’occasion du sol algérien. Tout à Aubagne rappelle cet autre rivage de la Méditerranée et notamment la ville de Sidi bel Abbès, capitale de la Légion.
Le lien unissant la Légion et l’Algérie était puissant, charnel, fusionnel. La souffrance et le déchirement furent d’autant plus grands. Le temps fait son œuvre, guérit les plaies encore vives mais l’Histoire se souvient et le musée témoigne. 

En cette année de commémoration, le musée, fermé depuis le 12 mars en raison de son grand bain de jouvence pour 2013, accompagne les différentes manifestations, notamment par le prêt d’objets pour l’exposition “L’Algérie à l’ombre des armes, 1830-1962”, avec Jacques Ferrandez qui ouvrira ses portes au musée de l’Armée (Invalides) en mai 2012. Cet anniversaire est l’occasion d’évoquer l’énorme effort de restauration qui est fait durant cette fermeture afin de présenter des œuvres qui avaient, pour beaucoup, souffert du temps et des aléas de l’histoire. Les peintures sont souvent les œuvres dont les restaurations nous surprennent le plus. En effet, les vernis jaunissent avec le temps assombrissant les compositions jusqu’à les rendre parfois illisibles. Fort heureusement cette couche protège la couche picturale. Un simple travail d’allègement permet souvent de retrouver la fraicheur de ces tableaux. Mais parfois, les dommages sont plus graves : déchirures, brulures, encollage sauvage sur contreplaqué, restaurations anciennes maladroites voir destructrices…L’intervention des restaurateurs spécialisés est indispensable. Le coût financier est très important, mais il n’est pas possible de présenter dans le nouveau parcours muséographique des œuvres dégradées. 

La SAMLE, une fois de plus, accompagne le conservateur dans cette démarche de préservation du patrimoine légué par nos anciens. À titre d’exemple, nous retiendrons deux tableaux restaurés cette année. “Soldat de la Légion étrangère sac au dos”, de Hongrois Gustave Miklos (inv. D TH 615) et “La dernière cigarette”, (inv. TH. 644) d’un artiste inconnu. Miklos, engagé dans les rangs de la Légion en 14-18, grand artiste des années 20-30, a peint en 1915 une figure magnifique de légionnaire, sac au dos, dans un paysage désertique évoquant l’Algérie et les confins algéro-marocains où la Légion s’est illustrée brillamment durant la première moitié du XXe siècle. Le ciel avait été repeint sauvagement masquant le pigment d’origine. Le halo, verdâtre et débordant autour de la figure, gâchait la composition. Une fois cette couche retirée avec difficulté et prudence, l’œuvre nous est revenue éclatante. Sa contemplation permettra aux visiteurs de s’évader par l’esprit, sorte de fenêtre ouverte sur le passé et de dialogue amorcé avec les légionnaires d’hier.
Une autre toile, possédant son cadre de facture locale, plus frustre en apparence, évoque les durs combats en Afrique du Nord contre des rebelles (années 20). Le titre “La dernière cigarette” témoigne de la résistance acharnée d’une troupe de légionnaires accrochés à leur position dans les montagnes de l’Atlas. Le sacrifice, certainement ! Les blessés sont là, nombreux, gisants au sol mais la volonté transparait dans ce geste. Dernière cigarette, dernière cartouche ? Le soleil se lève, se couche ? La fin est proche ; dernière journée, dernier combat glorieux pour cet autre Camerone anonyme.

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