Un musée - Le Musée de la Légion Etrangère

Un musée, le Musée de la Légion Étrangère: Pourquoi?

Les usages du Musée,

La Maison de famille


Le Musée est la maison commune de tous les Légionnaires.

C’est dans ce lieu, qu’un jeudi matin, à la première heure, ils reçoivent leur contrat d’engagement. C’est aussi dans la Salle d’Honneur que la section d’instruction se réunit une dernière fois avant que chacun vole de ses propres ailes dans le régiment qu’il a choisi de rejoindre. Profitant de ce passage, le jeune Légionnaire qui comprend maintenant mieux le français visite le Musée. Mais surtout, il pénètre pour la première fois dans la crypte et s’y recueille.

Plus tard, après plusieurs années de service, c’est du Musée qu’il est rendu à la vie civile et qu’il a son dernier contact avec la Légion d’active. Au tout dernier moment, le Légionnaire retourne une seconde et dernière fois au coeur du sanctuaire pour rendre un dernier hommage à la Légion qui lui a ouvert ses portes quand il en avait besoin. Le Musée est donc le sanctuaire commun à tous les Légionnaires quels que soient leur grade, leur régiment, leur spécialité ou l’ancienneté de leur matricule. En ayant part aux mêmes rites, ils appartiennent à la même famille et au même lieu dont le Musée constitue finalement la Maison. L’expression Maison mère prend alors un double sens. Elle ne désigne pas seulement l’endroit où est implanté le commandement mais aussi le lieu où se trouve le Musée qui les a faits et vus grandir.

Indéniablement, le Musée est donc la Maison de famille commune à chacun des Légionnaires. Le “lien” avec la Légion.

Qu’est-ce qu’une maison de famille sinon l’endroit où l’on est en lieu sûr et où il fait bon revenir?

Indéniablement, le Musée est un refuge où le Légionnaire vient retrouver des repères. Ce n’est pas le Légionnaire en activité qui franchit la porte car il n’en éprouve généralement pas encore le besoin mais l’ancien. Au musée, il vient chercher des souvenirs, de l’aide, de l’écoute ou une réponse ; il y amène ses proches pour leur faire découvrir une part de lui-même ; il vient confier au Conservateur ses précieux souvenirs qu’il ne veut pas voir bafoués après sa mort.

Tôt ou tard, ils viennent, parfois de très loin, pour se ressourcer dans les valeurs qui les ont forgés. L’ancien Légionnaire y vient en visite comme on fait un pèlerinage. Le Musée est “la Maison des siècles”, c’est-à-dire un lieu immuable où l’ancien “communie” en retrouvant la Légion qu’il a connue et aimée. C’est à ce moment qu’il prend véritablement conscience de l’importance du Musée qui n’est plus un miroir aux alouettes ou un caprice de chef mais un lien indéfectible qui unit la Légion d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

La Salle des Campagnes mais plus encore la Salle d’Honneur et la Crypte ont un véritable rôle de témoin. Nos anciens avaient conscience de ce besoin. C’est probablement la raison pour laquelle, ils ont reproduit à Aubagne quasiment la même Salle d’Honneur et la même Crypte que celles qu’ils avaient laissées, le coeur gros, en Algérie. Répondant à un besoin, le Musée est né au XIXe siècle, il s’est développé au XXe et doit absolument perdurer au XXIe siècle car, plus que nécessaire, il est vital pour l’Institution. “En interne”, le Musée n’est pas seulement un conservatoire de l’histoire ou un maillon d’une identité dont il illustre parfaitement le double sens : “id est” qui définit une entité et “idem” qui permet au membre de se reconnaître en lui. L’appropriation du lieu et de ce qu’il représente par chacun des membres de l’Institution permet d’affirmer que le musée est la pierre angulaire de l’esprit de corps, de l’esprit Légion. Sans ce lieu “sacramentel”, il est fort à parier que le “sel s’affadirait”. Dès lors, être Légionnaire ne serait incontestablement plus “un état” mais simplement un statut ce qui ne serait pas sans incidence sur la vie au quartier, l’engagement opérationnel ou encore le maintien de la solidarité.

1- Voici par exemple l’extrait d’un mot adressé au conservateur le 10 octobre par le fils d’un ancien Légionnaire : “j’ai trois soeurs et je ne voyais pas comment satisfaire tout le monde. J’ai donc décidé de vous remettre ces fameuses choses. Je sais qu’elles y seront en sécurité. Et je crois que c’est bien ici que cela doit revenir. Dans cette grande famille qu’est la Légion étrangère”.


2- Durant son exil à Sainte Hélène, Napoléon a ainsi défini le Château de Fontainebleau qui lui manquait.


3- Le Projet Grand Musée prévoit simplement une rénovation de la Salle d’Honneur et de la Crypte et non pas une transformation.


4- En fait, la Salle d’Honneur et la Crypte sont aujourd’hui disposées différemment par rapport à Sidi-bel-Abbès. Elles ne sont plus excentrées dans un coin du quartier. À Aubagne, la Salle d’Honneur et la Crypte sont situées dans l’axe du quartier, de la Place d’Armes et du Monument aux Morts. Cette “Voie Sacrée” rend encore plus forte la symbolique de l’ensemble.


5- “Il est l’autre”.


6- Le code d’Honneur spécifie : “Fier de ton état de Légionnaire”.

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Un musée, le Musée de la Légion: Pourquoi?

| Ref : 113 | Date : 03-11-2014 | 8431